Zep: "Je ne comprenais pas les filles"

Qui ne connaît pas Titeuf, Nadia, Hugo et Vomito, ces ados qui nous ressemblent tellement ? Tu sais aussi certainement que le créateur de Titeuf, c’est Zep : ce Suisse de Genève s’appelle en réalité Philippe Chappuis. En plus de ces BD bien connues, il a lancé une petite série avec les albums Happy Sex, Happy Girls et Happy Rock. Et il est le réalisateur du film Titeuf, qui sort en avril. Mais pourquoi ce «vieux» de 43 ans s’est-il intéressé de si près à l’adolescence, au sexe, à l’amour, à l’école et à la camaraderie ?

Comment s’est passée votre adolescence ?
Zep : Je suis entré au lycée à 12 ans. C’était un âge où je préférais jouer avec mes figurines Big Jim, mes petites voitures et mes copains, alors que les filles de 12 ans, elles, étaient toutes superbranchées. Elles pensaient déjà à sortir avec des garçons, à rouler des pelles et à avoir une première expérience sexuelle. Evidemment, elles ne sortaient qu’avec des mecs des classes supérieures. Mes potes et moi étions considérés comme des bébés absolus. Avec mes copains, on a essayé de remonter la pente mais on n’a jamais vraiment réussi à rattraper l’avance des filles. Elles étaient beaucoup plus matures que nous.

Les gags de vos albums, ce sont vos aventures ?
Certaines histoires sont à 100% autobiographiques, d’autres sont romancées.

Qu’est-ce qui est le plus difficile à vivre pour les ados dans leurs relations avec l’autre sexe ?
A mon époque, nous étions embarrassés. La seule connaissance que nous avions des filles, c’était par des discussions entre garçons. Et de même pour les filles entre elles. On était assez loin de la réalité. Peut-être qu’aujourd’hui, les jeunes ont une meilleure connaissance les uns des autres, en particulier grâce aux chats. Ce qui reste difficile à l’adolescence, c’est que l’on a un esprit d’enfant avec une forte envie d’être adulte. Et on se trimballe un corps qui n’est pas super raccord avec ce que l’on a en tête. Comme un déguisement mal ajusté!

L’adolescence, n’est-ce pas aussi la découverte des convictions, des grandes causes et des engagements ?
Oui, effectivement, c’est la découverte des valeurs que l'on adopte pour se construire une vie personnelle, en opposition aux valeurs de nos parents. Pour moi, le rock a présenté cette première conviction. La musique que l'on écoutait nous définissait. Un fan de hard rock ne pouvait pas sortir avec un fan de ska. C'était absolu... et crétin, comme tous les absolus. A propos d'absolus, je songe à faire un album sur Dieu et tous ceux qui se réclament de lui.

Au-delà du rire, que pensez-vous transmettre aux lecteurs par vos histoires ?
Rire de soi est une manière de considérer différemment ce qui nous arrive, d'accepter l'imprévisible, l'absurde et la fragilité de nos vies... J'aime l'humour qui ouvre le dialogue, celui qui détend. Je ne sais pas ce qu'on fait sur cette planète, mais j'ai envie de trouver ça beau.

Mistof

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°